6è atelier régional pour la description d’AIEB (Namibie, 8-12 avril 2013)

Le Secrétariat de la Convention sur la Diversité Biologique poursuit l’organisation d’ateliers régionaux pour permettre la description d’aires marines d’importance écologique ou biologique (AIEB ou EBSA en anglais, Ecological or Biological Significant Area). Le 6ème atelier se déroule en Namibie du 8 au 12 avril 2013 et concerne la région atlantique du Sud-est.

Lancé par une décision de la 10è Conférence des Parties de la CDB à Nagoya (Japon), la 11è Conférence des Parties d’Hyderabad en octobre 2012 a permis de progresser sur ce sujet. Lié à la protection de la biodiversité en haute mer, il s’agit désormais de réaliser un inventaire mondial de ces zones d’importance écologique ou biologique afin de pouvoir ensuite passer d’une description scientifique de ces zones à l’établissement de zones protégées. La synthèse des résultats des différents ateliers régionaux et de l’inventaire de ces AIEB tenu par le secrétariat de la CDB sera présenté à l’Assemblée Générale des Nations Unies.

 

One ocean, many worlds of life !

La journée internationale de la diversité biologique du 22 mai a été consacrée en 2012 à la biodiversité marine. A cette occasion, le Secrétariat de la Convention sur la Diversité Biologique a publié un petit guide intitulé One Ocean, many worlds of life !

Ce livret aborde quelques sujets qui permettent de faire un état des lieux  de notre connaissance de l’Océan, de la diversité d’espèces qu’il abrite et qu’on est très loin de connaître dans sa complétude ; des différentes caractéristiques de cet océan selon les régions ou encore des impacts des activités humaines sur la diversité biologique qu’elle contient.

A lire pour s’imprégner des enjeux liés à la gestion et la préservation de la biodiversité marine.

 

Gestion des pêcheries artisanales : le cas du thiof (mérou) au Sénégal

Au Sénégal le Thiéboudienne est un plat national à base de mérou (appelé thiof en wolof, langue nationale). Pêché principalement par des pêcheurs artisanaux, il est aujourd’hui quasi absent des étals des marchés ou vendu à un prix inabordable du fait de l’effondrement des stocks.

Deux chercheurs, Djiga THIAO du Centre de recherches océanographiques de Dakar-Thiaroye et  Philippe CURY (IRD) viennent de publier une étude consacré aux causes de cet effondrement des stocks de thiof au large des côtes sénégalaises.

Le constat
Les conclusions de l’étude mettent en cause l’essor de la pêche artisanale, pourtant plutôt vue en général comme une alternative durable aux pêcheries industrielles (voir article sur ce blog à propos des pêcheries de Kafountine où l’intervention de l’Etat a permis le regain de l’activité des pêcheries artisanales par l’annulation d’autorisations de pêche à des chalutiers).
Il est à noter une forte expansion de la pêcherie artisanale au Sénégal : de 3000 en 1980, les pirogues de pêche sont passées à 12 000 de nos jours. Par ailleurs, les progrès technologiques permettent une augmentation de la puissance de pêche.

Des solutions ?
Selon les auteurs de l’étude, il manque au Sénégal de développer une stratégie de conservation via une gestion des petites pêcheries. Une autre voie dans ce cas d’espèce : diminuer la demande extérieure pour ce poisson (forte) afin de réduire l’intérêt des pêcheurs pour cette espèce.

A savoir :
- Les 700 km de côtes sénégalaises comptent parmi les plus poissonneuses au monde.
- La flotte sénégalaise  est passée de 3 000 pirogues dans les années 1980 à plus de 12 000 aujourd’hui.
- La pêche artisanale assure désormais plus des deux tiers des captures de poissons du pays.
- La pêche garantit aujourd’hui près de 70 % des apports en protéines animales des Sénégalais.
- L’Europe importe 40 % de ses poissons, entre autres en provenance du Sénégal.

Un atelier à Dakar dans le cadre de l’Initiative pour un Océan Durable

Article rédigé par M. Cheikh M. SYLLA, Chef de la Cellule Suivi-Evaluation, Ministère de l’Environnement  et du Développement Durable, Direction des Aires Marines Communautaires Protégées, Sénégal.

Du 4 au 8 février 2013, s’est tenu à Dakar au Sénégal, un atelier de renforcement des capacités de l’initiative pour un océan durable.

L’Initiative pour un Océan Durable (IOD), Sustainable Ocean Initiative en anglais, a été développée en tant que plateforme globale pour la construction de partenariat et de renforcement des capacités pour l’atteinte des objectifs d’Aichi relatifs à la biodiversité marine et côtière (en particulier les Objectifs 6 et 11).

Cet atelier a regroupé l’ensemble des pays de l’Afrique bordant la façade de l’Atlantique Est, du Maroc à l’Afrique du sud. Soit au total, plus de 80 représentants venus d’une trentaine de pays ont pris part à cet atelier. 

Des participants au moment d’embarquer pour la visite de l’AMP de Cayar

Parmi ces participants : des fonctionnaires des ministères en charge de la conservation de la biodiversité marine et côtière et des experts de chacun des pays et des organisations concernées de la sous-région, responsables des Objectifs d’Aïchi pour la biodiversité marine et côtière, dans le contexte des stratégies et plans d’action nationaux pour la biodiversité (SPANB) ainsi que des politiques/plans sur la gestion intégrée des zones marines et côtières au niveau national et/ou régional. À ce titre, les participants devront pouvoir traduire les connaissances et les compétences acquises au cours de l’atelier en des mesures concrètes à l’appui de la mise en œuvre des objectifs à l’échelle nationale et régionale.

Le Conservateur de l’AMP de Cayar et le chef de service départemental des pêches – Exposé conjoint sur la gouvernance partagée de l’AMP

L’atelier a mis l’accent sur l’échange d’informations et d’expériences, l’apprentissage actif de compétences et de l’utilisation d’outils, et sur la création de partenariats régionaux pour un partage d’informations et un renforcement des capacités continus dans la poursuite de la mission de l’Initiative pour un Océan Durable. C’est pourquoi le format de l’atelier comprenait des exposés suivis de séances de questions-réponses, des exercices de groupes interactifs pour présenter les outils techniques et scientifiques pertinents, des discussions en petits groupes, et un forum participatif.

Au titre de ce point, des experts choisis sont invités à donner des exposés sur des outils d’évaluation scientifique et de gestion permettant de réaliser les Objectifs d’Aichi pour la biodiversité, y compris sur :

  • l’Objectif 6 et les implications pour les politiques en matière de pêches;
  • l’Objectif 11 et les implications pour les aires marines protégées (AMP);
  • le processus de la CDB relatif aux aires marines d’importance écologique ou biologique (AMIEB);
  • les travaux de la FAO sur les écosystèmes marins vulnérables (EMV);
  • la collecte et la synthèse de données à l’appui de la réalisation des Objectifs 6 et 11, y compris les processus relatifs aux AMIEB et aux EMV.
Participants devant les locaux du conservateur de l’AMP de Cayar.

Un des temps forts de cet atelier a été la sortie sur le terrain à Cayar (à 58 km au nord de Dakar sur la grande cote). Elle a permis aux participants de visiter l’AMP, de discuter avec tous les acteurs et parties prenantes de l’organe de gouvernance communautaire : le comité de gestion.

 

Perspectives :

Un autre atelier de renforcement des capacités est prévu les 8-12 avril 2013 en Namibie. Des groupes de travail sont constitués par pays, pour travailler à l’identification des Aires d’Intérêt Ecologique et biologique (AIEBs ou EBSAs) en vue de la rencontre de Namibie. Chaque groupe est chargé de :

  • Décrire dans leurs pays respectifs, les Aires répondant aux critères EBSA,
  • Collecter et compiler les données existantes sur ces aires auprès des institutions de recherche, des ministères et des populations détentrices de savoirs locaux,
  • Faire un rapport à présenter à la prochaine rencontre de Namibie.
Pirogues de pêcheurs artisans au niveau du quai de débarquement de Cayar, en face de l’AMP.

29 octobre – 1er novembre 2013 : Symposium « Innovation et croissance bleue » à Qingdao.

Ce symposium est l’un des premiers évènements du Réseau International des Territoires Maritimes Innovants (RITMI). Ce réseau rassemble depuis juillet 2012 une vingtaine de territoires maritimes  parmi les plus grandes plateformes mondiales, avec comme objectif de mettre en place une nouvelle économie maritime : une « économie bleue », basée sur l’innovation et l’exploitation durable des ressources marines.

Le symposium se déroulera à Qingdao (Chine) et permettra de réunir des experts des milieux scientifiques, économiques et publics pour analyser les enjeux, les conditions et les perspectives économiques d’une politique de croissance bleue.

L’évènement portera en particulier sur deux thèmes : la connaissance de l’environnement marin (l’océanographie globale et côtière) et l’exploitation durable des bio-ressources marines avec un focal sur les biotechnologies marines.

Fin septembre 2013 : séminaire Biodiversité au Mexique

Présent à Brest aux Rencontres internationales des 13 et 14 novembre, les représentants de la ville de Tuxpan, Etat de Vera Cruz, ont émis l’hypothèse d’organiser un séminaire en 2013. La proposition a fait son chemin.

Il s’agit d’organiser un séminaire portant sur le thème de la biodiversité marine dans l’Etat de Veracruz et impliquant les partenaires d’Amérique du Nord et du Sud ainsi que les membres du réseau RITMI (Réseau International des Territoires Maritimes Innovants). Prévu à la fin du mois de septembre 2013, à la suite d’un congrès sur la biodiversité organisé par l’Université de Veracruz, cet événement pourrait, sur une durée de deux ou trois jours, se focaliser sur un cas d’étude bien précis : la biodiversité dans le Golfe du Mexique.

Le Secrétariat de la Convention sur la Diversité Biologique sera associé à cet événement.

Les contours de la future Agence Française de la Biodiversité

L’Agence Française de la Biodiversité devrait être instituée en 2013 par la loi-cadre sur la Biodiversité qui figure sur la feuille de route du Ministère de l’Ecologie au sortir de la Conférence environnementale des 14 et 15 septembre 2012.

Un rapport de préfiguration a été rendu le 30 janvier 2013 et aborde notamment :
-       Les différentes missions qui pourraient être celles de la future Agence
-       Compte tenu des missions proposées pour l’Agence : 2 scénarii de définition du périmètre de la future agence.
-       La question des ressources financières possibles pour cette Agence en s’appuyant sur le modèle de l’ADEME (ressources affectées).

Les différentes missions décrites dans le rapport ont vocation à s’exercer vis-à-vis des domaines tant continentaux que marins et de la biodiversité tant remarquable qu’ordinaire.

-       Un rôle important dans la formation, l’éducation et la sensibilisation aux enjeux de la biodiversité, avec des capacités d’action propres mais également des capacités d’animation et de montage de projets partenariaux ;
-       Une fonction de dialogue avec les opérateurs de la recherche publique, qui n’ont pas vocation à rejoindre l’Agence ;
-       Un rôle majeur dans la collecte et la mise à disposition de connaissances fiables et adaptées à la diversité des acteurs ;
-       Un positionnement dans l’appui technique aux gestionnaires et la coordination des acteurs, sans implication directe dans des fonctions de maîtrise foncière ou de gestion d’espaces mais avec un rôle important dans la coordination « politique » des différents opérateurs publiques intervenant dans ces actions de maîtrise foncière ;
-       Un rôle a priori limité dans les polices de la nature (à l’exception de la formation permanente de ces personnels), avec un dispositif ad hoc pour mobiliser les compétences de ces polices dans des fonctions d’observation et de recueil de données ;
-       Un rôle d’appui technique aux actions internationales de l’Etat, au niveau de la préparation des positions françaises, du suivi et du rapportage de ses engagements.

Les 2 scénarii proposés prévoient d’intégrer à la future Agence les Parcs Nationaux de France, l’Agence des Aires Marines Protégées et l’Atelier Technique des Espaces Naturels (GIP ATEN) avec, pour le scénario le plus ambitieux, l’association d’autres établissements comme l’ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage) et l’ONEMA ainsi que l’Observatoire national de la Biodiversité, le Service du Patrimoine Naturel et la Fédération des Conservatoires Botaniques Nationaux.

Le scénario le plus ambitieux représente une Agence avec un effectif de 1000 personnels et un budget de 150 millions d’Euros par an. Il ferait de la future Agence Française de la Biodiversité une agence d’appui aux collectivités, apte à intervenir financièrement, au même titre donc que l’Ademe sur les questions énergétiques.

Les actes des Rencontres 2012 sont en ligne !

Les Actes des Rencontres internationales de la biodiversité marine et côtière des 13 et 14 novembre 2012 à Océanopolis (Brest) sont disponibles en téléchargement.

N’hésitez pas à lire ou découvrir la teneur des échanges qui se sont déroulés pendant ces deux journées et en particulier les conclusions comme fil condusteur du travail à poursuivre.

Les villes portuaires et la nature : Brest et la CDB publient un article

Brest métropole océane et le secrétariat de la Convention sur la Diversité Biologique, ont publié un article sur l’expérience que l’agglomération mène dans le cadre du Réseau International des Territoires Maritimes Innovants.
Cet article est paru sur le blog The nature of cities. Blog participatif mis en place par David MADDOX en juin 2012 et auquel contribuent régulièrement une cinquantaine de personnes de diverses origines professionnelles (gestionnaires de parcs nationaux, scientifiques, universitaires, architectes, responsables associatifs…). Ce blog est consacré aux thèmes en lien avec la ville comme « espace écologique ».

L’AMGVF rencontre les préfigurateurs de l’Agence Nationale de la Biodiversité

Des représentants de l’Association des Maires de Grandes Villes de France et de l’Association des Communautés Urbaines de France (*) ont, le 14 janvier, échangé avec les deux «préfigurateurs» du projet de nouvelle agence.

L’Agence Nationale de la Biodiversité sera tournée vers la mobilisation, l’impulsion, l’amélioration du savoir-faire, plutôt que sur la gestion et le « faire » ; elle devra répondre à des besoins de connaissance (développement, collecte, validation, mise à disposition…), d’appuis techniques, d’expertise, de conseil, de sensibilisation et de communication. S’agissant des sources de financement, plusieurs pistes sont envisagées, notamment, la ressource affectée, s’inspirant du modèle des Agences de l’eau (redevances) ou de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie -ADEME- (Taxe générale sur les activités polluantes), les ressources propres (vente de produits, qui resterait toutefois limitée) ou l’emprunt (« investissements d’avenir »).

Les échanges ont notamment portés sur les questions suivantes :

- quel type de déclinaison de l’ANB dans les territoires doit être envisagé pour être le plus efficace ? L’organisation territoriale (bassin hydrographique) des Agences de l’eau étant évoquée par des participants ;

- une compétence « biodiversité » est-elle souhaitable ? Quelle articulation entre les différents niveaux de collectivités territoriales ?

- l’ANB devra aider à une meilleure prise en compte de la biodiversité dans la planification urbaine, en particulier à travers des outils du type SCOT, PLU, etc ;

- les services rendus de la biodiversité aux collectivités doivent être identifiés et promus auprès des élus locaux, mais aussi auprès de la population ;

- l’incitation à agir en faveur de la biodiversité passe par l’exemple : il serait opportun que l’ANB capitalise les initiatives prises en matière de biodiversité, notamment par les grandes villes et leurs intercommunalités, pour donner des exemples concrets ;

- la gouvernance de l’ANB devra intégrer les principaux acteurs, dont les collectivités territoriales.

Le rapport qui sera remis à la fin du mois de janvier à la ministre aidera à la rédaction de la partie consacrée à l’ANB dans le projet de loi « biodiversité » dont la concertation devrait s’achever fin avril 2013 et qui devrait aussi porter sur la gouvernance, l’accès aux ressources génétiques et le partage juste et équitable des avantages liés à leur utilisation (APA), l’amélioration des outils pour la protection de la nature.

 

(*) Alain Bezirard, vice-président de la CU de Lille, Fabienne Giboudeaux, adjointe au maire de Paris, André Laurent, adjoint au maire de Villeneuve d’Ascq, Cyrille Pradal, conseiller municipal de Lille, Philippe Thinès, adjoint au maire de Montpellier, Patrick Berger, directeur en charge des questions de biodiversité à Montpellier, Dominique Stevens, directeur « Nature » à la CU de Bordeaux